Le futur changement de règlement du MotoGP en 2027 commence déjà à faire apparaître des tensions dans le paddock. La catégorie reine changera alors de cylindrée et de manufacturier pneumatique, avec l’arrivée de prototypes de 850 cm³ et de pneus Pirelli. Pour Fabio Di Giannantonio, la préparation de cette transition ne garantit pas encore les mêmes conditions à tous les pilotes.
Le pilote italien s’inquiète en particulier de l’écart de roulage qui se creuse entre les titulaires engagés dans le championnat et ceux qui disposent d’un statut de pilote d’essai. Nicolo Bulega, récemment sacré champion du monde WorldSBK 2026, bénéficie ainsi d’une importante expérience des futures machines dans le cadre de son activité de pilote d’essai et de son arrivée annoncée comme titulaire chez Ducati VR46 pour 2027. Plusieurs pilotes actuellement engagés en MotoGP n’ont, eux, pas encore effectué leurs premiers tours de roue avec les pneus Pirelli et la nouvelle cylindrée.
« Les pilotes qui n’ont pas pu tester les Pirelli devraient participer au Shakedown 2027. Je ne sais pas si cela se produira, mais c’est quelque chose que je souhaite car je pense que cela peut être vraiment juste. Parce que l’année prochaine, ce n’est pas juste un petit changement ; tout sera nouveau. »
Ces propos de Fabio Di Giannantonio, rapportés par Speedweek et relayés par Paddock GP le 28 octobre 2026, portent sur le fonctionnement habituel du Shakedown de Sepang. Cette séance est traditionnellement destinée aux débutants, aux pilotes d’essai et aux constructeurs bénéficiant de la catégorie de concessions D. Le Romain souhaite que le dispositif soit adapté pour permettre aux pilotes n’ayant encore aucune expérience des nouveaux pneus de prendre la piste dans des conditions plus équilibrées.
Une hiérarchie difficile à lire au début de 2027
La crainte exprimée par le pilote Ducati VR46 ne se limite pas à un désavantage théorique dans la mise au point. Avec une moto et des pneumatiques entièrement nouveaux, les repères accumulés durant les saisons précédentes pourraient perdre une partie de leur valeur au moment d’aborder la première course de 2027. Un pilote très expérimenté en MotoGP pourrait ainsi se retrouver avec moins de références concrètes qu’un essayeur ayant accumulé de nombreux kilomètres sur le matériel de la prochaine génération.
« Du coup, les pilotes experts ne seront plus vraiment des experts. Beaucoup d’entre nous, comme moi, serons peut-être comme des débutants, me concernant j’aurai moins de jours avec des pneus Pirelli que tous les autres. Je souhaite donc qu’ils travaillent dur pour que tout soit équitable lors de la première course. »
Le calendrier des essais préparatoires devient donc un enjeu sportif à part entière. À ce stade, Fabio Di Giannantonio ne présente pas la participation élargie au Shakedown comme une décision acquise : il indique seulement souhaiter que cette possibilité soit étudiée. Sa demande s’appuie sur trois constats mis en avant dans ses déclarations :
- les prototypes de 2027 introduiront une nouvelle cylindrée en MotoGP ;
- Pirelli remplacera le manufacturier actuellement utilisé par la catégorie ;
- tous les pilotes ne disposent pas du même nombre de journées de roulage avant le début de la saison.
| Élément | Situation évoquée |
|---|---|
| Règlement 2027 | Passage à des prototypes de 850 cm³ |
| Pneumatiques | Arrivée de Pirelli |
| Demande de Di Giannantonio | Accès au Shakedown pour les pilotes sans expérience préalable |
Au-delà de l’équité entre les concurrents, le pilote italien rattache cette préparation à la sécurité. Une première course disputée avec des machines et des pneus que certains titulaires connaîtraient à peine pourrait, selon son raisonnement, compliquer le travail de mise au point et l’adaptation des pilotes. La question reste désormais de savoir si les instances du MotoGP modifieront les conditions d’accès au Shakedown de Sepang afin de réduire l’écart entre les différents programmes d’essais avant 2027.